vendredi 4 mai 2012

Méditations


Chaque fois que je marche sur ces longs boulevards ou lorsque je suis assise dans une des terrasses des cafés de la ville, j’osais regarder autour de moi et contempler ce monde étrange qui m’entourait, ces gens qui passent devant moi sans s’arrêter. Ils étaient pressés… Mes regards étaient toujours inquiets et mes yeux cherchaient toujours de la beauté et de la sensibilité… Quelques fois je n’apercevais plus ce qui se passait autour de moi, seules des transformations et des métamorphoses. Tout disparaissait, les immenses immeubles, les larges routes et le vacarme de la circulation. Tous devenaient des ombres et des nuances.
Je voulais dépasser ces longs barrages qui cachaient derrière eux  l’immensité d’un autre monde plus beau, voire sensible. Un monde merveilleux, celui qui se caractérise par la simplicité. Je voulais pénétrer ce nouveau univers, celui de la paix et du bonheur car je ne supportais plus la tristesse et la mélancolie qui m’envahissaient.
Je désirais être libre, m’envoler le plus loin possible, toucher le ciel bleu qui n’a jamais changé de couleur et de forme depuis la nuit des temps. Atteindre les sommets et les altitudes, courir les champs, et rêver sur les grèves de la mer…
Je jetais des coups d’œil autour de moi, je regardais les gens passer, une femme, un homme, une foule… Que des silhouettes, que des âmes vides, fragiles et dénudées. Les traits de leurs visages reflétaient la fatigue et la mort… Ils s’agitaient dans tous les sens, un pas, deux pas, trois pas… ils avaient des regards insensés, des regards qui ne reflètent que des émotions sèches et rudes…
Ces horribles figures remplies de haine, d’égoïsme et de mensonges me faisaient si peur que j’étais incapable de les toucher. Je n’ai pas pu découvrir ces substances froides qui m’effrayaient car je les ressentais seulement…
Ce vide, je le ressentais au fond de moi, il me faisait tant de mal et de calamité. C’était  une douleur qui m’était insupportable. Je ne pouvais guère l’extériorisée parce qu’elle parvenait d’autrui, d’un autre qui peut faire tout pour atteindre ses objectifs, un être qui ne pense pas aux souffrances de ceux qui l’aiment, à son pays, cet être égoïste ne pense qu’à lui…
C’est ainsi  que cette solitude revint en moi. Ce sentiment, je ne le vivais pas au paravent, il ne date pas d’hier, il avait commencé à prendre forme depuis quelques semaines ou quelques mois.
A chaque fois que je ressentais ce vide, je revenais en arrière… je pensais aux beaux moments que j’ai passés avec mes amis, tout ces beaux instants passaient si vite et il n’en restait que des souvenirs. Un souvenir qui fait vivre en moi de la nostalgie ? qui me rappelle tant de personnes avec qui  j’ai partagé les plus beaux jours de ma vie. Je n’en veux guère à Lamartine d’avoir dit un jour : « oh ! Temps suspends ton vol ! ».

La Séparation était un spectre qui me suivait et me suit partout, il ne faisait qu’augmenter ma solitude. Les sombres nuages de la solitude me dissimulaient le soleil de l’amitié. Mon âme ne supportait plus, je me sentais un corps faible qui voulait sortir d’un cachot de souffrances et de douleurs. Je voyais mes jours finir, je ne supportais plus cet étranglement.

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